Review: Pavillon Rouge - Solmeth Pervitine

Nov 16 2011

 The first review of this new CD, unfortunatly in French:

 

Chronique de "Solmeth Pervitine" dans le fanzine In Extremis :

PAVILON ROUGE – solmeth pervitine cd / Post Apocalyptic Music

Je sais pas toi, mais perso de temps en temps j'aime écouter autre chose que du métal pur et dur, pourvu que ce soit fait avec force et conviction. A une époque j'm'envoyais même régulièrement pas mal d'élektro, même si j'ai quasi complètement lâcher l'affaire depuis. Pavillon Rouge me rappelle ces années où les Skinny Puppy, Das Ich, Cubanate ou Front242 squattaient mes platines. J'avais bien accroché à la démo de ces fondus savoyards qui remettent le couvert 3 ans après, avec un line-up qui a quelque peu évolué puisqu'ils ont recruté un des Crystalium au passage. Bon le truc à savoir c'est que c'est le genre de groupe qui risque de diviser : trop métal pour les pouffiasses qui frétillent du cul au moindre beat, trop pop pour les métalleux les plus extrêmes qui ne jurent que par la sacrosainte addition satan/blasts, c'est typiquement le groupe poil-à-gratter qui se positionne à la frontière d'univers antagonistes... et pourtant putain que ça fonctionne ! Dès "Solmeth Ascension" on est cueilli à froid par des grosses guitares qui trépanent le haut du crane mieux qu'un ouvre-boite (écoute au casque, tu vas comprendre ta douleur), bombardé par du beat sauvage et des nappes de synthés spatiales, aaargh que c'est bon ça, l'impression d'assister à la fusion entre black-metal et EBM dans un accélérateur à particules. La force de frappe quasi technoïde rappelle les monstrueux Fast Forward, les guitares ultra tranchantes une façon de faire à la Black Lodge, avec parfois même un coté pop à la Indochine, mais surtout ce qui scotche c'est que chacun des titres vit sa propre vie, avec ça et là du riff qui cloue au mur, un refrain imparable au phrasé qui tue, plus un tas de samples qui contribuent à bâtir une atmosphère urbaine au stress omniprésent, avec l'impression tenace de déambuler dans un univers futuriste façon Blade Runner/Terminator en évitant les tirs de snippers androïdes postés sur les toits d'immeubles en verre. Ta survie va donc dépendre de ton degré d'agilité à éviter les salves mortelles tout en dodelinant du derche sans discontinu dans ce décor d'apocalypse. J'ai bien aimé la petite touche heavy-metal au moment du solo perdu dans "Sadist Sagitarius", sinon en général s'agit d'un truc qui tire à boulets rouges sur les traditions et qui préfèrent construire sur un océan de ruines. Mes missiles préférés dans cette débauche de violence? Outre le 1er dont j'ai déjà causé et qui m'a dessiné un nouveau trou du cul, le monstrueux "Le Grand Tout s'Effondre" et son riff quasi punk qui lobotomise plus vite que du Atari Teenage Riot et qui réussira même à te faire headbanguer sur une rythmique technoïde pire qu'un damné bourré de coke. J'y ajoute sans hésiter "7 Siècles et le Feu" pour cette alliance contagieuse entre des vocaux genre slogans hurlés et une déferlante de beats aux effets hypnotiques. Dans le lot quelques titres sont peut-être moins percutants, mais une chose est sûre c'est qu'aucun ne peut être qualifier de mou du genou. C'est du très lourd que nous proposent là ces cyborgs, à toi de subir les mutations nécessaires pour rallier leurs troupes.

4/5

 

 

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